Press – Lasting Weep

Écoutez Doug Pringle à CKGM-FM, avec un extrait de Rien ne set de courir il faut partir à point:

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Article de Michel Parent:

Lasting Weep


Mardi le 27 mars – Lancement d’albums
Lasting Weep 1969-1971

Le spectacle de l’Albatros

Je connaissais bien l’apport de Jérôme Langlois au sein du groupe Maneige, de même que la qualité du matériel produit pendant sa propre carrière en solo, par contre j’ai été surpris d’apprendre l’existence du groupe Lasting Weep qui avait connu l’équivalent de deux vies, une première entre 1969 et 1971 avant que Maneige ne soit créé par Jérôme et Alain Bergeron, puis une deuxième alors que Jérôme venait de quitter Maneige pour se concentrer sur des oeuvres toujours aussi riches mais plus longues donc permettant une plus grande structure musicale. C’est à ce moment qu’il avait ressuscité Lasting Weep pour une série de concerts avec les membres de Maneige, l’ex-Karrik et ex-Engoulevent Michel McLean, Jean Vanasse, Raoul Duguay, et plusieurs autres musiciens influents de cette époque au Québec. Ces concerts à la bibliothèque nationale ont été enregistrés de manière professionnelle mais n’avaient jamais vu le jour sur disque à cette époque.C’est après avoir fait entendre ce patrimoine musical aux dirigeants de ProgQuebec, dont Stephen Takacsy, que Jérôme a accepté l’offre de sortir les rubans des boules à mites, de les masteriser et de finalement graver sur CD cette oeuvre méconnue mais combien importante de notre patrimoine progressif. C’est donc sur deux CDs, chacun représentant une époque de la vie de Lasting Weep que nous avons aujourd’hui l’occasion de découvrir toute l’ampleur de cette oeuvre.

Pour le premier, celui couvrant la première période du groupe, on retrouve un son qui était, à l’époque, précurseur de ce qui allait devenir la marque de commerce du groupe anglais Jethro Tull, beaucoup de flûte sur un fond jazz-rock. Sans se targuer d’avoir inspiré le célèbre groupe anglais, Jérôme et ses acolytes avouent que le son a des ressemblances et qu’ils ont par la suite été eux-mêmes inspirés par Jethro Tull. Pour ce qui est du deuxième album qui représente une oeuvre complète intitulée L’Albatros, il s’agit de musiques et de textes inspirés du poème The rime of the ancient Mariner de Samuel Taylor Coleridge. On retrouve en tout 9 pièces dont la moyenne se situe à près de 9 minutes chacune.

Enregistré sensiblement à la même époque que le célèbre album L’Heptade d’Harmonium, L’Albatros a peu à lui envier, si ne n’est la reconnaissance des masses que le travail du groupe aurait bien méritée à l’époque mais déjà les compagnies de disques se faisaient tirer l’oreille et le groupe n’avait pas trouvé preneur.

Après plus de 31 ans, voici enfin l’occasion de goûter (par tous les sens) cette musique sans âge et sans frontières qui a admirablement bien traversé les époques pour finalement aboutir dans nos lecteurs CDs. Un beau cadeau de ProgQuébec, un organisme voué à la préservation de notre patrimoine musical progressif qui a déjà édité sur CD de magnifiques oeuvres comme le Ville Emard Blues Band et Contraction.
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